S’imposer l’espoir

Faut-il aimer ou détester Google et ChatGPT ? Pour Valérie Cordy, ce n’est pas la question : ces technologies existent, nous envahissent et même, parfois, nous transforment en zombies. Alors, dominons-les et jouons-en. Dans son dernier spectacle, État du monde, la metteuse en scène et artiste franco-belge surfe sur Google ou dialogue avec une intelligence artificielle, seule sur scène, avec son écran projeté derrière en grand.

Miroir de nos errances numériques, ses recherches nous font passer du sérieux au dérisoire, d’une information essentielle (la destruction de Gaza) à un mème pathétique (« J’ai pris un antidépresseur à la place d’un antidouleur, j’ai toujours mal, mais je m’en fous »). Un récit singulier est tissé, tandis que surgissent sur scène, en chair et en os, telles des vidéos YouTube qu’on n’avait pas prévu de regarder, un groupe de jeunes filles adeptes du moonwalk, une fanfare d’ados ou l’épidémiologiste Marius Gilbert assis dans un kayak.

Valérie Cordy présente une vision à la fois joyeuse et critique de notre monde et de nos usages des technologies. Pour celle qui est également directrice d’un lieu culturel, la Fabrique de théâtre à Frameries, les récits font partie des « soins » de l’humanité. Car seule l’imagination a le pouvoir de redessiner le monde, et de nous rendre l’espoir.

L’entretien est à retrouver dans le Médor numéro 39.

Photos : Valentine Jamis

Texte (CC BY-NC-ND) : Céline Gautier & Jehanne Bergé