Voix amazighes: échos de mémoire et de liberté

À Bruxelles, la tradition orale Izran est arrivée dans le sillage des milliers de travailleurs rifains à partir de la fin des années 1960. Ces poésies chantées, portées par les femmes, ont traversé les siècles. Mais au fil du temps, l’immigration, les avancées technologiques et le durcissement des mœurs ont fragilisé la transmission entre les générations, ici en Belgique comme au Maroc. Direction le Rif pour remonter la trace de cette culture émancipatrice menacée de disparition.

Avril 2025. Aéroport de Bruxelles. Dans la file d’embarquement du départ pour Al Hoceima: des familles belgo-rifaines. Chacun, chacune avec ses raisons, retourne au pays pour un temps plus ou moins long. Trois heures trente de vol plus tard, l’avion atterrit dans le petit aéroport de cette ville du nord du Maroc. L’air est doux, les hirondelles tournoient dans le ciel. En ce début de printemps, les arbres en fleurs bordent les routes ponctuées de panneaux trilingues: darija, tamazight, français. Sur la montagne qui domine l’horizon, la devise du Maroc en alphabet arabe1: “Allah, la patrie, le roi.” Bienvenue dans le Rif : une terre complexe où se mêlent des enjeux politiques, religieux, mais surtout identitaires.

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