Il est 5h du matin. Silence à Beyrouth. Ceux qui veillent se sont finalement endormis et ceux que la vie appelle à l’aurore ne sont pas encore pas encore éveillés. Cet instant d’entre deux m’a donné envie de t’écrire le blog. Je dois te dire un truc qui me pèse gros depuis un bout.
Je ne sais pas comment amener la chose. Alors voilà, j’y vais de but en blanc.
Sans demande de visa préalable, le passeport belge ouvre la porte à 171 pays à travers le monde, le passeport libanais permet l’accès à 38 pays.
Moi, petite belge, je peux venir au Liban: m’installer, travailler, rire, manger, profiter de la vie, donner mon avis sur tout. Moi, petite belge, contrairement à tout un pays, demain, je peux repartir où je veux, quand je veux.
Je peux venir chez toi, mais toi tu n’es pas le bienvenu chez moi. Telle est la règle du jeu des politiques internationales.
Schengen, nous les européens, on oublie parfois ton existence de forteresse dorée. Le monde nous est accessible. On défini même souvent la génération Y par son envie de toujours plus voyager. « Je reviens de Colombie, c’était fou ». « Je suis un peu paumée en ce moment, je pars en Australie ». « J’ai trouvé un stage au Québec ». « On s’en va à Rome ce we ». EtblaEtblaEtbla. On va, on vient. On découvre. On échange. On s’amuse. C’est normal, c’est la vie. Et puis, les voyages forment la jeunesse comme disent les vieux routards, mais pas n’importe quelle jeunesse…
Parfois on oublie ça. En tout cas moi j’oublie. J’oublie souvent, trop souvent qu’aux yeux du monde, celui que j’aime et moi, on a pas les mêmes droits. Imbécile réalité.
Sentiment confus de culpabilité d’être privilégiée parce-que née sous un ciel plus gris dans un plat pays.
Fucking passeport de merde.
Voilà, je voulais juste dire ça.